Thème
du Concours 1998
La
ville en lumière
Depuis
quelques années, la notion déclairage public évolue.
La multiplication des expériences à léchelle
de centres anciens de quartier, voire de villes entières, montre
un souci croissant de la part des municipalités non seulement de
mieux éclairer, mais de mettre en lumière.
Les motifs sont très divers. Il sagit dans tel village de
mettre en valeur la place du centre avec son église classée.
Il sagit de rendre plus sûr certains passages et voies empruntés
la nuit. Il y a aussi à des échelles plus importantes des
expériences soulignant la structure même de la ville, lorsquil
sagit de mettre en lumière un littoral ou la silhouette urbaine,
une ligne de crête, déclairer le fond dune fenêtre
urbaine, et mieux encore de mettre en évidence lentité
urbaine permettant aux citoyens de circuler dans une ville lisible dans
laquelle ils sidentifient avec fierté à partir de
points dobservation singuliers. Cette dernière idée
est une sorte daboutissement de la mise en lumière dune
ville auquel le présent concours convie les villes et les concurrents,
enseignants et étudiants.
Lespace urbain contemporain des communes de la région Ile
de France, comme celui dautres régions fortement urbanisées,
est marqué à lintérieur des limites communales
par des clivages et des différences didentité, par
exemple entre le centre ancien et certains quartiers périphériques,
lexpérieur, par labsence de limites physiques clairement
marquées (voir le Vocabulaire Illustré de lArt Urbain)
avec des communes voisines, le tissus de banlieue créant une continuité
banalisée.
La lecture de louvrage « limage de la cité »
de K. Lynch sera très utile aux étudiants participant à
ce concours pour leur donner quelques rudiments sur la manières
dont la ville peut être perçue.
A partir des sites des villes qui se porteront candidates pour offrir
leur territoire à la réflexion des concurrents, il conviendra
pour ceux-ci de proposer une esquisse de plan-lumière qui au delà
de léclairage public, permettre de souligner les caractéristiques
physiques de lespace urbain ou des édifices singuliers, qui
mettent en valeur aux yeux de ses habitants, lidentité de
la ville et ceci dans les limites administratives de son territoire.
Le jury et le public devront pouvoir effectuer une comparaison entre la
ville représentée de jour (en plan, en coupe, en perspective
panoramique) et la ville représentée, mise en lumière
la nuit afin dapprécier lintérêt
de la proposition.
La finalité de cette approche étant de donner une image
de la ville de nuit qui soit rassurante, lisible et qui permettre à
chaque habitant de sidentifier à une communauté dont
le patrimoine commun est mis en valeur.
Conférences
Roger NABONI Président ACE ( Association des Concepteurs
lumière et éclairagiste)
Jean SABATIER concepteur lumière
Louis CLAIR concepteur lumière
Anne BUREAU concepteur lumière
Jury
Roger NARBONI Président de lAssociation des Concepteurs
Lumière et Eclairagistes, président du jury
Jean-
Marie BRETILLON Maire adjoint de Charenton le Pont (94)
Gilles DAVOINE urbaniste et journaliste, le Moniteur du Bâtiment
et des Travaux Publics
M. CHARRETIER Directeur des Services Techniques de la Ville de
Cesson (77)
Pascal GIRAUX Président de la Chambre Syndicale Française
de la Publicité Lumineuse
Jean-Paul DUMONTIER Architecte-urbaniste en Chef de lEtat,
directeur adjoint du CERTU
Marc MARCOLONI Président de la Fédération
des Associations Sportives et Culturelles et dEntraide du Ministère
de lEquipement
Wladimir MITROFANOFF architecte, Président de lAcadémie
dArchitecture
André PARINAUD Président de lAcadémie
des Arts de la Rue
Philippe CORNILLEAU directeur des Services Techniques de la ville
de Bois-Colombes (92)
Marie-Laure ROQUELLE, Maire de Jouars-Ponchartrain (78)
Gérard UNIACK Président du Conseil Régional
de lOrdre des Architectes dIle de France
Conclusion du
jury
Au vu du nombre des projets rendus, le jury relève que le thème
« la Ville mise en lumière », na, semble-t-il,
pas recueilli autant de succès auprès des étudiants
que certains thèmes abordés les années précédentes.
En revanche, sur les vingt cinq projets rendus, la qualité densemble
a paru remarquable, peut-être supérieure aux éditions
précédentes. Le côté technique et relativement
pointu du thème de cette année explique peut-être
cela.
A nouveau, de nombreux projets inter-écoles ont été
déposés, ainsi quen témoignent les projets
primés ou mentionnés. Le jury sen félicite.
Il retiendra des réponse apportées par les étudiants
plusieurs enseignements :
- les étudiants ont bien généralement produit des
projets de grande qualité graphique. On peut attribuer ce résultat
à la qualité des conférences initiales, lattrait
des étudiants pour le thème de la lumière et le zèle
des enseignants.
Les
réponse les meilleurs restent le plus souvent classiques, mais
le thème choisi, relativement pointu, à sûrement orienté
ce choix. A cela sajoute le fait que des équipes pluridisciplinaires
qui se créent à loccasion et qui ont eu peu de temps
pour réfléchir et remettre leur projet hésitent bien
souvent avant de se lancer dans des propositions audacieuses.
CONCLUSIONS
Ce 7ème prix Robert Auzelle de lart urbain démontre
à nouveau lintérêt de la démarche.
Comme les années précédentes, un nombre conséquent
détudiants de nombreuses écoles différentes
se sont regroupés et ont adhéré à la philosophie
du concours. Il montre que les étudiants continuent de vouloir
investir dans ce domaine de lart urbain, toutes disciplines confondues.
Cela est dautant plus vrai cette année où le thème
retenu, relativement difficile, celui de la lumière, fait appel
à des connaissances en éclairagisme pas encore suffisamment
développées dans toutes les écoles françaises
supérieures touchant les problèmes daménagement.
En cela les étudiants répondent à une attente, où
le savoir-faire des spécialistes, professionnels ou en devenir,
comptent peut-être peu par rapport à la demande de plus en
plus exigeante de nos concitoyens en termes despaces et déquipements
de qualité de vie et de cohésion sociale.
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